1917-2005 : les écrivains russes entre glaciations et débâcles
la littérature, star de toutes les Russies

Plutôt bien reçus entre 1920 et 1945, les écrivains soviétiques ont béné?cié ensuite de l’image positive donnée par la résistance héroïque opposée au facisme par l’URSS. Gide, Aragon, Rolland, etc. avaient largement vanté la qualité de la prose et de la poésie des « compagons de route ». L’image se dégrada ?n des années soixante. Les premiers récits du goulag parvenus lors du premier dégel, sous Khrouchtchev, les procès, les suicides d’intellectuels, l’usage de la psychiatrie répressive et la prise en compte de la parole des émigrés lors de la glaciation brejnévienne ternirent l’icône. La traduction de la littérature soviétique ralentit. On distingua des bons et des mauvais.


Le réalisme socialiste passa aux oubliettes et avec lui bien des auteurs que la photo, truquée, montrait en train de tenir le manche du fouet avec le bourreau. Pourtant, des voix que l’on croyait af?dées criaient leur honte et leur désespoir, d’autres que l’on croyait révoltées n’ont fait que chatouiller les vieux démons. Gogol nous a appris que lorsque les placards à balais s’ouvrent sur les spectres, ce sont les concierges qui ont le plus de mal à les refermer.


À présent, l’heure est à la déglingue, une fois de plus la Russie est le précurseur d’un futur des sociétés qui ont liquidé la morale avec le balai du mercantilisme…