la Chine
écrivains sous l'empire du milieu

Le catalogue Chine, écrivains sous l'empire du milieu tente, en soixante-huit pages, de faire le point sur la présence des écrivains chinois dans l'édition française. Celle-ci est un miroir plus ou moins fidèle de la réalité de la littérature chinoise en Chine même. En effet, la production des écrivains chinois serait à considérer continuement sur trois millénaires, sans rupture, avec une langue qui, malgré des évolutions, est restée la même. Cette tradition est toujours vivante et tout écrivain chinois écrit sous le regard de centaines de grands ancêtres présents à son esprit et à celui de son lecteur.


Vu d'ici, l'amateur de textes chinois n'a pas ces références et la manière dont il perçoit les thèmes et les problématiques est subordonnée à une connaissance fragmentaire, soumise à des modes, à des présupposés prescrits par des travaux parfois journalistiques sujets à des préoccupations hexagonales ou, au mieux occidentales. La continuité est une valeur qui nous déroute, que nous ne voulons ou ne pouvons envisager dès lors que nous ne la percevons pas chez nous.



D'autre part, la division en genres tels que philosophie, religion,ethnographie, histoire, poésie, prose, etc., est inconnue là-bas. Quand l'écrivain chinois s'y soumet c'est en partie pour satisfaire à un marché tourné vers la scène littéraire internationale. Ainsi, ce qui est disponible sur la table de nos libraires n'est qu'un reflet dans un miroir brisé. Beaucoup d'écrivains majeurs ne sont pas ou peu traduits. L'année de la Chine en France est une occasion de recoller les morceaux de ce miroir: ne boudons pas notre plaisir, nous avons à disposition, tous genres confondus, près de six cents titres qui vont nous permettre de nous frotter à la plus vieille et la plus jeune des civilisations, celle en tout cas qui nous ouvre jusqu'au vertige la notion de relativité.