Algérie
la littérature au chevet de l'histoire

Malgré les incroyables difficultés, les drames inimaginables, le chaos chronique, l'Algérie ne sombre pas. Si d'un côté nous sommes abreuvés de documents toujours plus alarmistes, d'informations sinistres qui font force de loi, d'images irrécusables, de l'autre, tout lecteur ou voyageur un peu curieux est fondé à prendre espoir en présence d'une telle énergie, d'une telle vitalité; nous sommes là devant quelque chose qui fait toujours un peu peur : un pays neuf, un pays jeune, auquel on ne saurait appliquer ces termes horribles de en voie de développement ou de émergent : "l'humanitaire" n'y a pas de prise. Un pays enfin en possession de son histoire.


Ces quelques préliminaires pour justifier le titre que nous avons donné à notre catalogue. Le travail de dépouillement a permis aux auteurs de réaliser que ces textes, documents ou fictions, qu'ils émanent d'Algériens musulmans, juifs, pieds-noirs, ou de Français plus ou moins bien intentionnés, lorsqu'on les confronte dans la longue durée, expriment irréfutablement l'existence d'une culture forte, pérenne, indépendante. Notre but sera d'en convaincre le lecteur en le renvoyant à ces textes.


La littérature Algérienne commence à peine à s'affranchir de la langue du dernier colon, et avec elle des ultimes résidus de sa culture, même si, en l'absence de véritable chaîne du livre, c'est de se côté si de la Flaque que se font et se défont les écrivains du Maghreb. Mais un jour viendra où histoire et littérature seront en phase, et les écrivains algériens écriront le dos tourné au nord. Cela prouve que l'histoire est la dernière et la plus difficile des conquêtes